Bonjour,

Je m'appelle Philippe Campion. J'ai connu Monsieur Vincent (Pix) Pourieux® à la fin des années 1980, nous étions alors tous deux employés d'Atari, ex-Infogrames, en tant que programmeurs. J'ai quitté Infogrames en 1989 pour créer la S.A. IKOS, studio de développement de jeux vidéos. Monsieur Pourieux™ m'a rejoint en 1996 en tant que salarié. Je l'ai effectivement débauché d'Infogrames en lui proposant un salaire plus élevé. J'ai fait cela pour trois raisons. La première parce que Monsieur Pourieux© était un ami, la deuxième parce qu'il possédait de grandes qualités techniques et la troisième, parce que j'avais l'intention qu'il se mette au développement d'une idée que j'avais eu des années auparavant : un moteur de génération de mondes virtuels en temps réel...

C'est donc bien en 1996 que Monsieur Pourieux™ a commencé à travailler sur ce projet, il n'a pas menti, mais c'était à ma demande. Une idée, ça ne vient pas tout seul. Demandez à Monsieur Pourieux® comment il l'a eu ? Ou cliquez ici, moi je vous l'explique.

A cette époque Windows était très buggé et nombre de jeux vidéo sortaient encore sous MS-DOS avec un moteur 3D entièrement software. On voyait aussi l'avènement des premières cartes graphiques à chipset 3D, une aide providentielle pour ma folle idée. Mais alors qu'on comptait encore le nombre de polygones affichables simultanément par poignées de centaines tout au plus, je m'attendais bien à la réaction de Monsieur Pourieux® lorsque je lui proposais de développer, en amont de l'affichage, une couche supplémentaire lourde destinée à « créer » intelligemment des milliers de polygones, pour les afficher 25 fois par secondes. Je l'ai sans doute bien fait rire à l'époque.

Et c'était légitime puisque ma bêtise a poussé la S.A. IKOS au dépôt de bilan l'année suivante – certes, en grande partie pour d'autres raisons, mais cette folle idée n'avait rien arrangé –. Nous avons alors créé, Monsieur Pourieux™ et moi-même, associés à 50/50, la SNC CPU Software, c'était en 1997 (pour l'annecdote, CPU veut dire « Campion, Pourieux, Union »). Les temps étaient très durs, on faisait les fonds de poches pour payer l'EDF, j'avais un peu remballé mon idée car il fallait rentrer de l'argent par tous les moyens. J'ai donc mis ma cravate et aie parcouru le vaste monde du jeu vidéo en quête de quelques réalisations aussi peu gratifiantes que rémunératrices. En 1998 les efforts ont commencé à porter leurs fruits et, dès que Monsieur Pourieux® avait cinq minutes devant lui (car il travaillait aussi à des productions alimentaires), je le bassinais pour qu'il se remette au développement de ma folle idée. Mais, outre l'ampleur de la folie que j'avais du mal à lui inculquer, je me souviens d'une remarque supplémentaire qu'il m'a faite :

  - Bon, ok, comme tu veux, c'est tellement débile que ça me plait… mais, franchement, ça va servir à quoi ton truc ?...
Moi :
  - Heu… ba… à se balader dans un univers virtuel tellement vaste que même nous, concepteurs, auront plaisir à le visiter.
Lui :
  - Mouais, certes, mais je vois pas bien l'intérêt.
- Heu, écoutes Vincent, je ne sais franchement pas comment te l'expliquer mais je le sens super bien, alors, s'il te plait, fais-moi juste confiance et fait-le, moi je m'occupe de faire rentrer l'argent, ok ?
- Ok, je te fais confiance...

On se faisait effectivement mutuellement confiance. A l'époque on était vraiment de bons potes, il m'appelait « mon frère » et a été plus tard mon témoin de mariage. Je me souviens qu'il m'avait demandé d'être le parrain de sa fille. J'avais refusé. Peut-être avais-je déjà entrevu la suite de l'histoire…

Alors que je m'étais aussi remis les mains dans le cambouis pour développer des petits produits pédagogiques débiles destinés à des tous petits enfants, sans doute aussi débiles, Monsieur Pourieux© s'est enfermé dans son bureau, l'air très dubitatif mais un brin amusé. Toute cette période je l'ai poussé à ce développement. Je me souviens lui avoir expliqué ce qu'étaient les mathématiques fractales qu'il connaissait, certes, mais moins bien que moi car j'en étais passionné. Le soir en rentrant chez moi je passais mes soirées à fouiller les premiers sites Internet (sans Google, inexistant à l'époque) des universités américaines en quête d'algorithmes de génération fractale de toute sorte et les institutions américaines telles que la NASA, la NOAA ou encore l'USGC, en quête de bases de données satellitaires, topographiques, LandCover, et autres WorldBath (fonds marins) pour immédiatement lui présenter en sautant comme une puce, arguant que c'était dément, qu'on pouvait refaire le monde ! Ca le faisait rire, mais c'était au moins ça. Oui, à l'époque j'ai téléchargé la topographie complète de la terre à 1km près (GTOPO30), non compressée, avec un modem 33K. Ca à pris trois semaines, France Télécom qui n'avait encore rien compris à l'Internet, pétait un plomb.

Petite parenthèse à ce stade : Nous étions organisés en SNC, une forme de société personnelle, une sorte d'association de professions libérales, initialement destinée à partager les frais généraux (loyers, EDF, téléphone, etc.) entre plusieurs personnes physiques, travaillant sur des sujets distincts et réalisant séparément leur chiffre d'affaires et donc leur salaire. Moi, ce que je rentrais à l'époque avec mes projets débiles, je l'ai toujours partagé équitablement avec Monsieur Vincent Pourieux, pour qu'il ait l'esprit le plus tranquille possible. En d'autres termes plus formellement juridiques, lorsqu'il travaillait sur mon idée, et non sur des productions alimentaires, et donc ne rentrait pas d'argent, je lui donnais la moitié de mon salaire. Fin de la parenthèse.

En 1998-99, nous avons bénéficié, comme tout le monde, des débuts de l'expansion folle de la bulle Internet et les commandes ont commencé à pleuvoir. Nous devions embaucher du personnel pour y répondre. Cela était trop dangereux sur une SNC. Nous avons donc initialement prévu de transformer la SNC CPU Software en une SARL. Or, le travail de Monsieur Pourieux® commençait à porter ses fruits. A l'époque nous pouvions nous déplacer en temps réel sur un territoire virtuel le plus vaste à notre connaissance : c'était l'Italie, ça faisait 3Mo et ça tenait sur une disquette 3"½ une fois compressé. Même si c'était encore moche et lent, Monsieur Pourieux® a enfin entrevu le potentiel d'un tel moteur et, cette fois, c'est lui qui sautait comme une puce. Il avait enfin compris, surtout, que ce projet était une mine d'or. Alors, pourquoi le « donner » à une SARL, qui est juridiquement une troisième personne, morale certes, mais étrangère aux deux compères ? Nous avons donc finalement décidé de conserver CPU Software pour y garder au chaud ce que nous commencions à appeler « VWORLD », et avons créé une nouvelle société, la SARL EMG dans laquelle nous nous partagions 64% des parts équitablement réparties entre lui et moi. Cette nouvelle société n'était, succinctement, qu'une machine à faire du fric. J'en étais le gérant, Vincent Pourieux, le directeur technique.

Et du fric, elle en a fait ! Entre autres, et notamment, lors de la création de « Speed Demons », course de voiture endiablée, éditée par feu Microïds et englobant une partie de VWORLD en ce qui concerne la topographie des terrains sur lesquels étaient posés les circuits. Si vous retrouviez ce logiciel, vous noterez qu'au générique j'apparais, si mes souvenirs sont exacts, comme celui qui a servi les cafés. Il est vrai que je n'en ai pas fait beaucoup plus, si ce n'est faire en sorte de trouver l'argent pour son salaire et, accessoirement, en avoir eu l'idée initiale : J'avais proposé une course de voiture ultra-rapide et à la dynamique plus game-play que réaliste. Bref, EMG faisait du fric, mais pas CPU Software. En effet, il était impossible de présenter une simple SNC constituée de deux personnes aux éditeurs et producteurs de jeux vidéos, ça ne faisait pas sérieux. Donc toutes les productions ont été réalisé par EMG. A l'époque Monsieur Pourieux© trouvait cela tout à fait normal puisque, que ce soit EMG ou CPU, comme moi, il n'y voyait aucune différence d'appartenance, étant tous les deux largement et équitablement représentés au capital des deux. Lui et moi n'étions pas salariés de EMG et tirions nos salaires de CPU Software – c'était plus intéressant financièrement. Il fallait donc que CPU Software facture quelque chose à EMG pour faire transiter l'argent. Et l'une de ces choses a été : le développement de VWORLD, pour un montant de plus de 300 000 €HT.

En 2000, la technologie commençait à être relativement aboutie. On se baladait virtuellement sur la terre entière et on venait d'intégrer les images satellites d'un tout nouveau partenaire, la société M-SAT, basée à Clermont-Ferrand, que j'avais moi-même démarché. Nous décidions alors d'en sortir une version commercialisable afin de commencer à amortir les coûts de développement. Mais que faire d'un logiciel qui ne permet QUE de se déplacer sur la Terre, sans grossir le développement démesurément ? Comme d'habitude, Monsieur Pourieux et moi-même avons résolu la chose autour d'une bière – ou d'un pastis, je ne me souviens plus très bien de ce détail hautement important –. Nous décidâmes d'en faire un OVNI, un truc nouveau, jamais vu et inédit : une sorte d'atlas poétique en 3D… Il fallait un nom. Toutes sortes de noms idiots et nuls ont été proposés. Pendant que les autres cherchaient, je me suis retiré dans un coin pour y réfléchir plus objectivement. Je me suis que dit que, finalement, nous avions « refait le monde ». Peut-être à cause de trop de pastis, je me suis dit aussi que nous étions donc une sorte de nouveaux dieux cybernétiques. « Dieu » le mot était lancé. C'est alors que j'ai cherché un nom parmi toutes les appellations que l'on a donné au divin. Je cherchais en fait celui qui soit le plus inconnu possible afin qu'il ne soit pas immédiatement identifié comme tel pour pallier l'image quelque peut pompeuse de la chose. J'ai alors fouillé dans l'histoire des peuplades indigènes passées et présentes jusqu'à parvenir à nos amis aborigènes qui nomme leur déesse créatrice de la terre et de toutes ses créatures : « Eingana ». Résultat de la recherche sur Google : 47 occurrences, le .com était libre, c'était parfait ! Et un nom, aussi OVNI que le produit lui-même, ne pouvait qu'être accepté par tous.

Sur la période 1998-2000, Monsieur Pourieux© s'est partagé entre le développement des produits « alimentaires » de EMG et le développement de VWORLD. Je dois bien reconnaître qu'il a dû supporter une masse de travail énorme et que cette période n'a pas dû être facile pour lui, notamment ensuite, en 2000-2001, lors de la réalisation d'Eingana, sous la pression des délais. Mais cette fois, il était super motivé, au point de commencer à dire que VWORLD/Eingana était SON idée. A l'époque, je l'ai laissé dire, nous nous entendions bien, je n'ai pas d'égo contrairement à d'autres, et j'avais considéré cela comme une contrepartie à son dur labeur. De toute façon, ma position était entièrement dictée par le fait nous étions associés à un strict 50/50 sur ce projet. J'avais donc accepté le fait qu'il m'appartenait autant qu'à lui.

Vint la question épineuse du nécessaire dépôt de brevet de VWORLD. Initialement, nous voulions tous les deux que le brevet soit au nom de CPU Software. Certes, mais comment justifier alors 300 000 € de facturation ?! Comment expliquer qu'une société développant un logiciel en se faisant financer par une autre, s'approprie ensuite ledit logiciel ?! De plus, CPU n'avait pas de fonds propres, il était impossible qu'elle puisse supporter le coût de la procédure de dépôt. De plus encore, les associés des deux sociétés étant les mêmes personnes physiques, une telle opération aurait été immédiatement interprétée comme du détournement de biens sociaux, menottes, prison ! Il fallait donc revoir ce que nous avions initialement prévu : VWORLD ne pouvait plus rester sur CPU Software.

Monsieur Pourieux® semble ne jamais avoir bien compris l'impasse dans laquelle nous étions à ce sujet et je crois que nos relations ont commencé à se dégrader lorsque j'ai essayé de lui faire comprendre que VWORLD ne pouvait pas juridiquement rester sur CPU. Aussi étonnant que cela puisse paraître, Monsieur Pourieux s'était fait petit à petit à l'idée que CPU était sa société et que EMG était la mienne, tout simplement parce que j'étais le gérant de la deuxième ! Ces deux énormes incompréhensions montrent qu'il était effectivement très néophyte du monde des affaires et des sociétés. Quand je pense que c'est à cause de cette stupide lacune que nos relations se sont dégradées !

Il y a eu d'autres éléments malchanceux à mon encontre, notamment lors des relations avec la presse. Comme ce jour où M6 était venu faire un reportage dans nos locaux. Monsieur Pourieux© était en congé ce jour là et j'ai omis de parler de lui devant la caméra !… Je sais, c'est mal. Et puis un soir, il devait être aux alentours de 20h30, j'étais ce jour là le dernier resté au bureau, le téléphone sonne :

  - EMG bonjour ?
- Bonjour, je suis Guillaume Fraissard, journaliste au journal Le Monde. Une dépêche AFP mentionne que vous avez réalisé un logiciel révolutionnaire, pouvez-vous m'en parler un peu ?
Connaissant bien la propension de mon associé à un "léger" égocentrisme (nobody's perfect, pas même moi), je lui réponds :
  - Oui, mais je ne suis pas le principal réalisateur de ce logiciel, il s'agit de Monsieur Vincent Pourieux, pourriez-vous le rappeler demain matin ? Il vous en parlera mieux que moi.
- Heu… oui, mais c'est embêtant, j'aurai aimé taper mon papier ce soir vous comprenez ?
Oui, je connais un peu l'univers pressé du journalisme et Le Monde, hors de question de le laisser passer ! Je réponds :
  - Bon d'accord, je vais vous en parler, mais s'il vous plaît, mentionnez bien le nom de Monsieur Pourieux, c'est lui le réalisateur, pas moi…

Tout le long de mon exposé, j'ai dû placer cette phrase au moins 5 ou 6 fois, je n'avais vraiment pas envie d'écorcher une nouvelle fois l'ego de mon associé, particulièrement dans un climat d'entente déjà alourdi. J'appelle immédiatement Monsieur Pourieux© pour lui annoncer la bonne nouvelle : Demain, nous avons un article dans Le Monde ! Le lendemain, nous découvrons ensemble ce que le journaliste a écrit :


« Eingana, un logiciel révolutionnaire qui permet de […] et d'après Monsieur Philippe Campion, directeur technique, à qui l'on doit cette merveille […] ».


No comment.
 

Jusqu'à présent nos deux sociétés réalisaient des applications multimédia & jeux vidéo pour le compte d'autres sociétés, en B2B donc. Cette fois, avec Eingana, nous commercialisions directement notre propre produit et nous n'avions aucune structure commerciale digne de ce nom. Nous avons donc entreprit d'embaucher un directeur commercial. Cette tâche étant éloignée de la technique, c'était à moi qu'elle incombait. J'ai rencontré quelqu'un qui m'a impressionné et avec qui je me suis rapidement bien entendu. J'ai décidé de le motiver tout en le mettant sur un siège éjectable : il avait un très bon salaire mais avait aussi signé des objectifs de résultats draconiens à peine de licenciement immédiat. Le problème, et c'est sans doute encore une erreur de ma part, c'est qu'il avait le plus haut salaire de la société. Moi ça ne me dérangeais pas tant que son salaire était directement transformé en chiffre d'affaires. Mais en revanche cela a dû déranger Monsieur Pourieux et, surtout, notre directeur artistique, plus ancien et finalement moins bien payé, très lié à Monsieur Pourieux® et assis sur siège pourtant bien mieux vissé que celui de son nouveau rival, tel qu'il l'a peut-être perçu. De plus, notre nouveau directeur commercial est rapidement devenu un bon ami. Il y avait d'un coté l'équipe productrice, nécessairement dans l'ombre, et de l'autre l'équipe commerciale, nécessairement sous la lumière des projecteurs. Une sorte de jalousie amicalo-professionnelle s'est instaurée. Bref, tous les ingrédients étaient là pour amorcer la bombe.

Salon E3 de 2001 à Los Angeles (ou Milia 2000 ? je ne me souviens plus) : Sur le stand arrive une équipe de gars bien sympathiques et particulièrement impressionnés par notre technologie. Ils me tendent une carte : Sté FARLAN, Île Maurice … Je me souviens qu'ils prenaient même des photos de nos écrans. On discute, on sympathise, ils nous expliquent qu'ils réalisent actuellement un jeu massivement online, un certain "Dark and Light" (DnL)..., et qu'ils cherchent une solution pour gérer un monde virtuel extrêmement vaste. Nous entamons une négociation autour de la licence d'exploitation de VWORLD, nous parlions de 700 000 francs si mes souvenirs sont exacts. Mais nous n'étions pas tout à fait près commercialement et juridiquement pour céder une licence de notre technologie. Les discussions ont donc duré bien après l'E3. Je ne me souviens plus précisément de la période à laquelle ils sont venus nous visiter en France, à Lyon, en revanche je me souviens m'être dit que quand des gens font 12 000 Kms pour venir nous voir spécialement, il vaut mieux les caresser dans le sens du poil… Un soir nous devions tous aller au restaurant. Je n'ai pas pu me joindre par obligation familiale, c'est donc Monsieur Pourieux© qui est allé leur faire visiter notre belle ville de Lyon.

Par coïncidence, l'épouse de Monsieur Pourieux™ avait un frère basé sur l'île de La Réunion, juste à côté de Maurice, et une très forte envie de s'expatrier là bas depuis longtemps. Monsieur Pourieux© m'avait même suggéré auparavant l'éventualité qu'un jour ils partent habiter au soleil, comme tout bon métropolitain en rêve couramment. Je n'y étais absolument pas opposé sous réserve que nos ambitieux projets soient tous menés à terme. J'ai donc cru à l'époque que c'était lors de ce repas au restaurant que les hommes de FARLAN avait facilement débauché mon associé. Mais j'ai appris très récemment que c'est en fait lui-même qui s'est spontanément adressé à eux leur expliquant que, soi-disant, il possédait seul l'entière paternité de la technologie VWORLD et qu'il était libre de toute action ! Dans tous les cas, à l'époque, j'ai vu les FARLANs'men repartir dans leurs îles, sans vraiment demander leur reste et, sur le coup, je n'avais pas compris pourquoi.

Et je l'ai compris d'une façon dont sans doute seul Monsieur Pourieux a le secret. Bien entendu, j'avais immédiatement mis notre nouveau directeur commercial sur le dossier FARLAN. Il avait donc organisé une conférence téléphonique entre nous tous, c'était début 2002, un mardi en fin de matinée, je m'en souviens comme si c'était hier. Nous nous retrouvâmes tous dans mon bureau, Monsieur Pourieux©, nos deux directeurs, artistique et commercial, et moi-même. Je compose le numéro de FARLAN dans les îles et mets le haut-parleur :

 

- Allo Farlan ?
- Oui ! Comment allez-vous les lyonnais ?
- Bien, je te remercie. Alors quelles sont les nouvelles ?
- Et bien tout va bien, la maison de Vincent & Vincent est prête !
[Pourieux® & dir. Artistique - NDLR] Ils peuvent venir quand ils veulent !
- Heu… la maison de qui ?
- Ba des Vincents ?! Ils arrivent bien dans 15 jours comme c'était prévu ?
Tiens ? me dis-je, c'est la première fois que mon associé me parle de ses vacances aussi tardivement. Je m'adresse à lui tout en remarquant une expression de confusion sur son visage aussi forte que jamais vu :

 

- Tu pars en vacances dans 15 jours !? Tu aurais pu me prévenir !
- heu… non, je…
- Quoi ?
- non, je pars, heu, définitivement là bas
- Dans 15 jours ?!
- bin heu… oui…
Là, pour le coup, c'est moi qui ai eu une expression pour le moins inhabituelle. Je m'adresse à FARLAN :

 

- Bon, je crois que nous avons un problème en interne à régler, je vous propose qu'on remette cette conférence à plus tard. Au revoir.

Et je raccroche. Je demande à nos deux directeurs de bien vouloir prendre congé afin de me retrouver seul avec mon associé, ce qu'ils comprennent immédiatement. Je m'adresse à Monsieur Pourieux :

  - C'est quoi cette histoire ?
- et bien oui, je pars vivre là bas je t'en avais déjà parlé que je voulais aller au soleil…
- Oui, mais attends, on est en train de sortir Eingana, on doit réaliser la version 2, on doit faire la même chose pour Mars et la Lune, on doit réaliser un jeu d'aventure immense, arrête-moi si je me trompe, mais en 15 jours ça va faire juste non ?
- Non, VWORLD est terminé, je m'en vais.
- Mais t'es pas bien !? VWORLD est truffé de bugs, tu veux que je te montre la hot-line !? C'est à peine une version alpha qu'on a là !!!!
- Oui, peut-être, mais ma décision est prise, on n'est pas marié, je m'en vais. Et…
- Et ?… quoi ?
- Et… je ne pars pas seul…
- Ba c'est que j'ai cru comprendre ?!
- Non, je veux dire, il y a Vincent, oui (le D.A.), mais aussi, truc, machin, bidule…
- PARDON ?! MAIS TU ME PARLE DE LA MOITIE DE L'EQUIPE LA ?!
- Ba oui…
- Bon, ok, je crois que la guerre est ouverte là, alors ce que je te propose, c'est qu'on arrête ici la conversation et va vite consulter ton avocat, je te rassure, le mien connaît l'avion, Maurice ou La Réunion, c'est pas loin pour lui.


Je retenais mon poing de lui traverser la gueule et j'ai préféré lui demander de sortir de mon bureau. J'étais atterré. Le ciel me tombait sur la tête. 6 ans ! Ce type venait de foutre en l'air 6 ans de ma carrière professionnelle et accessoirement le projet de ma vie ! J'ai repris mes esprits en me disant que, non, ce n'était pas possible, il ne pouvait pas partir comme ça avec la moitié de l'équipe ! 20 bonnes minutes plus tard je suis entré comme une furie dans son bureau en lui disant qu'il valait mieux qu'il consulte un avocat parce qu'il était tout simplement en train de faire un joli détournement d'actif et ça, c'est comme les biens sociaux : menottes, prison, et qu'à partir d'aujourd'hui, s'il continuait ses conneries, j'aurai tout fait ce qui était en mon pouvoir pour l'envoyer ailleurs qu'au soleil…

Quelques jours de total silence après, il entre dans mon bureau et dit :

  - bon, j'ai consulté mon avocat, heu, effectivement, je ne vais pas faire comme ça…
- Ça me paraît clair… alors on fait quoi ? parce que là, si tu veux, je ne vois vraiment pas comment on peut faire, dans tous les cas, pour continuer à bosser ensemble normalement. Je crois qu'il faut trouver un moyen de sortie, quel qu'il soit et le plus rapidement possible.
- Oui, je crois aussi.
- Alors, mon cher Vincent, voilà ce que je te propose, tu va commencer par te remplacer. Je vais choisir, moi-même, un autre directeur technique et tu va te le coltiner pendant 6 mois s'il le faut, mais tu va lui expliquer ligne de code après ligne de code de façon à ce qu'il pige tout aussi bien que s'il l'avait écrit lui-même. Mais d'abord, tu va expliquer toi-même à la moitié de l'équipe que tu as pété un plomb, que cette « mutation » est impossible, qu'il faut qu'ils oublient le soleil.

Il est sorti de mon bureau, silencieux.

De son côté, FARLAN qui comptait sur la présence de Monsieur Pourieux© pour intégrer la technologie dans DnL, a décidé de nous commander la réalisation d'une maquette d'adaptation, une sorte de pont entre VWORLD et DnL pour 24 000 €. C'est Monsieur Pourieux qui s'est entièrement occupé de ce projet. Mais seul 30% du montant initialement prévu a été encaissé par EMG, le reste ? Je n'en ai jamais vu la couleur...! Ainsi, « grâce » à Monsieur Pourieux® donc, le contrat de sa propre société a été divisé par 4 et son encaissement, divisé par 14. Je fumais...

Nous avions un ami en commun qui avait à peu près le même parcours professionnel que nous. Appelons le Laurent. Il était tout naturellement désigné pour remplacer Monsieur Pourieux puisqu'il était libre à ce moment là. Je lui ai rapidement demandé de venir nous rejoindre, ce qu'il a fait avec enthousiasme. Après quelques jours de travail avec Monsieur Pourieux®, Laurent est venu dans mon bureau, le visage sombre, pour m'apprendre que le code de Monsieur Pourieux© était pratiquement inutilisable car tout était codé « en dur », de façon anarchique, avec des méthodes qui dataient de Mathusalem. Deuxième coup sur la tête… Mais à présent je comprenais mieux l'engorgement de la hot line sur Eingana et pourquoi Monsieur Pourieux® avait sans cesse repoussé la mise en forme « licence » (middleware) de la technologie : C'était impossible à moins de tout réécrire ! C'en était trop, il fallait qu'il parte au plus vite avant de finir en fait divers.

Nous avons donc cherché le « terrain d'entente » le moins boueux possible. Mais un nouvel événement advint : Le directeur artistique et ami de Monsieur Pourieux® possédait quelques 22% des parts de EMG, en s'alliant ils totalisaient 54% du capital, ils pouvaient donc faire de moi un peu ce qu'ils voulaient. J'ai donc finalement été contraint de signer un pacte d'actionnaire qui m'était peu favorable, pacte qui prévoyait en résumé le fait que je cédais pour l'euro symbolique toutes mes parts de CPU Software à Monsieur Pourieux, moyennant une reprise d'une partie de son passif, l'autre partie restant à ma charge (...), qu'il ne me cède qu'une partie de ses parts sur EMG (re-...), que nous gardions tous les deux la paternité de la technologie, qu'il partait à la Réunion et moi restait ici et que, globalement, nous nous interdisions toute concurrence déloyale. C'était la solution la moins pire. Mais juridiquement, on ne « partage » pas un actif en deux. Donc, d'un coup de baguette magique, il y a eu du jour au lendemain deux technologies distinctes, l'une appelée VWORLD qui partait sous le soleil et l'autre appelée « SCAPER » qui restait à Lyon. Bien évidemment, le code est strictement le même, ce ne sont bien qu'un seul et même logiciel.

Nous étions en 2002. Monsieur Pourieux® est donc parti à la Réunion avec CPU Software et ses dettes sociales, non négligeables, certes, mais il l'a bien voulu, je ne lui avais rien demandé. En ce qui me concerne, je suis resté à Lyon avec une SARL qui commençait à supporter les conséquences de l'éclatement de la bulle Internet et dont le principal actif était plus un plat de spaghetti qu'un logiciel digne de ce nom. Néanmoins, en tant que gérant d'une société qui s'était saignée de 300 000 € pour un logiciel, il était logique que je poursuive la procédure de dépôt de brevet de "SCAPER" sur EMG puisque les choses étaient établies comme ça, acceptées et signées par Monsieur Pourieux©. Si je ne l'avait pas fait, on m'aurais tapé sur les doigts. Mon dieu qu'avais-je fait!? J'avais osé deposer le brevet de LA technologie de Sieur Pourieux™©®! Bref, le climat n'était pas franchement propice à un travail serein et productif mais, heureusement, « Eingana » se vendait extrêmement bien (Flèche d'Or Fnac 2002).

Mais il y avait un autre « mais »… Eingana avait été co-produit par EMG & M-SAT. EMG s'occupait de la commercialisation France et M-SAT du reste de l'Europe. Mi-2002, la vie commerciale du produit en France se terminait, l'Angleterre et l'Allemagne venait de prendre commande, c'est donc M-SAT qui encaissait les ventes à l'export et qui devait nous rétribuer de la moitié. A cette époque, mes relations avec M-SAT étaient bonnes et je n'avais pas compris pourquoi, du jour où Monsieur Pourieuxétait parti, M-SAT a commencé à m'adresser des relevés de ventes erronés, voire fantaisistes, sur lesquels ils faisaient tout pour que nous soyons en désaccord et plus précisément pour retarder la date des réglements. EMG étant alors déjà très affaiblie par le houleux départ de Monsieur Pourieux©, alors ce deuxième écueil, de trop, m'a contraint de déclarer l'état de cessation de paiement de la SARL EMG, avec demande de redressement judiciaire.

Vu le succès d'Eingana, le Tribunal m'a accordé sans trop de difficultés une période d'observation de 6 mois. C'est sur cette période que M-SAT, comme ils me l'avaient clairement confirmé au téléphone : « ont tout fait pour nous couler ». Et ils sont parvenus à leurs fins, EMG fut placée en liquidation judiciaire en février 2003, avec un passif de ...300 000 € (ça ne vous rappelle rien?). Les 5 salariés qui restaient d'EMG étaient, comme moi, atterrés. Eux aussi croyaient dur comme fer à l'immense potentiel de « SCAPER-VWORLD-EINGANA », appelez le bien comme vous voulez, c'est de toute façon strictement la même chose. Pour en avoir été à l'initiative, je suis sans doute le seul, avec Monsieur Pourieux©, à très bien savoir que cette unique technologie avait été initialement pensée et financée en totalité par une seule et même société qui n'existe donc plus aujourd'hui.

Très récemment j'ai ouï dire que Monsieur Pourieux s'était rapatrié en métropole, vers Clermont-Ferrand, dans le fief de M-SAT… Tient ? Aurait-il pris trop de coups de soleil ? Les Auvergnats auraient-ils, outre des pneus, un secret partagé sur les crèmes après-soleil ? Bref, j'ai plutôt la confirmation aujourd'hui que la seule et unique société et équipe de développement qui a permit de faire naître « SVE »(1) a été délibérément sabordée par M-SAT et Monsieur Pourieux. Pourquoi ? Tout simplement parce que le père Campion, c'est une grande gueule, la preuve, trois ans après il ne l'a toujours pas fermé, il fallait donc certainement le mettre sur la touche.

Désolé pour ce paragraphe quelque peu… primesautier(2)… mais il reflète très bien l'état d'esprit dans lequel j'étais en 2003 après tout cela et dans lequel je suis toujours aujourd'hui : dégoûté, désabusé, immensément déçu.

Mais il paraît que c'est quand on touche le fond qu'on peut redonner une impulsion et rebondir. J'en ai eu la confirmation : mi 2003, les employés de feu EMG et moi-même, alors tous au chômage, rencontrons un ancien ami de très longue date, ex-associé fondateur d'Infogrames, appelons-le Robert. Il m'a contacté car il avait suivit de loin l'épopée commerciale d'Eingana, produit dont il avait été impressionné lui aussi. Ses quelques premiers mots m'ont redonné beaucoup de baume au cœur, il se présentait comme un éventuel mécène providentiel. L'idée était de tout reprendre à zéro, de réécrire tout – de toute façon il n'y avait pas d'autre solution –, d'en profiter pour y intégrer d'autres idées que j'avais eu (notamment une gestion de population infinie), d'en faire des jeux vidéo, des applications professionnelles et d'en vendre des licences d'exploitation. J'ai fait un prévisionnel incluant une période d'incubation nécessaire d'un an et demi et, Robert, l'équipe et moi-même nous sommes tous remis au travail, pendant quatre ou cinq mois, chacun chez soi et gratuitement dans un premier temps, ce que toute l'équipe avaient acceptée avec enthousiasme.

Mèèèèè… parce que Monsieur Pourieux® à plus d'un tour dans son sac, avec lui il y a toujours des « Mais » : Alors que les statuts d'une nouvelle société étaient prêts, que nous visitions de nouveaux locaux, que j'étais même dans les plans d'agencement, Monsieur Pourieux a pris contact avec Robert et, depuis les îles, lui a expliqué qu'il s'agissait de SA technologie-pas-touche-sinon-je-fais-un-caprice-je-me-roule-par-terre. J'ai donc eu la conversation suivante avec Robert :

Lui :

  - Effectivement Philippe, tu m'avais prévenu que Pourieux pourrait être revendicatif, là je le trouve même carrément procédurier… qu'en penses-tu ?
Moi :
  - J'en pense que cette technologie ne lui appartient pas plus qu'à nous puisque pour l'instant elle est entre les mains d'un liquidateur judiciaire.
- Il y avait un brevet là-dessus ?
- Non, finalement nous n'avons pas eu le temps de réiterer le dépôt. Nous y avons effectivement travaillé, mais il est parti avant la fin de la procédure de dépôt et j'ai eu bien d'autres chats à fouetter. La seule chose qu'il y a, c'est un actif immobilisé pour 300 000 € dans la comptabilité d'EMG.
- Ok, mais objectivement, il peut nous embêter ?
- Honnêtement oui, un peu, car il existe un pacte d'associés, que je n'ai pas pu faire autrement que de signer, mentionnant que la technologie a été dupliqué et qu'il en possède une copie.
(je lui montre, il le lit…)
  - Certes, mais quoiqu'on signe, on ne peut pas aller à l'encontre de la Loi, cette technologie a bien été financée un jour par quelqu'un et il semble que ce soit bien EMG et personne d'autre  ?
- Oui, tout à fait, donc, on peut effectivement entrer dans un conflit juridique au fond, ça prendra sans doute quelques années car c'est un débat d'initiés et…
- Mouais… écoutes Philippe, ne m'en veux pas mais ça sens le roussi cette histoire. De plus, j'ai fait une proposition de rachat au liquidateur et je n'ai aucune réponse, c'est le silence radio. J'ai vraiment l'impression qu'on nous empêche d'avancer. Alors mets-toi à ma place, j'hésite maintenant un peu plus à mettre mes billes la-dedans…
- Oui, Robert, je comprends tout à fait…


Robert s'est donc retiré du projet. Les ex-employés d'EMG ont heureusement retrouvé un travail dans quelques studios de développement français et l'histoire en ce qui me concerne s'achève à peu près là. A l'instant je viens de lire la page « Historique » du site de la nouvelle société de Monsieur Pourieux® (www.vworld.biz)... Là, à la lecture de ce tissu honteux d'omissions en tout genre, je me dis que finalement, la seule et unique chose que je regrette encore aujourd'hui, c'est d'avoir retenu mon poing de lui traverser la tronche...




EPILOGUE

La technologie SCAPER, celle dont je devais jouir pour poursuivre ma carrière dans ce domaine, sans "concurrence déloyale" comme Monsieur Pourieux l'avait signé, a finalement été racheté par la société M-SAT, les nouveaux voisins de Monsieur Pourieux©, comme c'est bizarre. De plus, elle a été acheté dans des conditions plus que suspectes puisque M-SAT a pu l'avoir pour moins cher que la première proposition de Robert. ...Dieu merci je ne sais pas tout...

Ensuite ? Et bien j'en avais un peu marre de recevoir des « mais » sur le coin de la figure et j'étais immensément dégoûté. J'ai donc décidé de me retirer totalement de tout ça. J'ai fait une croix définitive sur ma folle idée, sur « SVE » et même sur l'univers du jeu vidéo. Non sans mal, ça m'a coûté un an de dépression. J'ai vendu ma maison, j'ai consumé le petit capital que j'avais pour faire vivre ma famille en attendant que j'aille mieux et reprendre un boulot. Je n'avais plus d'argent pour payer le reliquat de dette de passif de CPU donc Monsieur Pourieux© m'a rappelé une dernière fois son existence en faisant saisir la seule voiture que j'avais pour travailler. Ma femme a fini par craquer, aujourd'hui je suis divorcé, je vis dans un 2 pièces cuisine et je fume des cigarettes roulées car moins chères. Ca fait sans doute sourire mais c'est la réalité des choses.

Beaucoup m'ont demandé pourquoi j'avais baissé les bras ? Je leur ai répondu que c'était parce que, si j'ai eu cette idée il y a plus de 20 ans, je suis tout à fait capable d'en avoir d'autres. Donc, je préfère utiliser mon temps à développer ces nouvelles idées plutôt que de faire le procédurier de base. Et je pense avoir pris la bonne décision puisque l'une de mes nouvelles idées sort dans deux mois ! Mais celle-là, promis, je me la garde pour moi et moi seul.

Pour en revenir à ce cher monsieur, j'ai donc très récemment vu sur des forums de discussion qu'il sévit encore apparamment, cette fois contre les personnes qu'il avait initialement rejoint à la Réunion ! Et, exactement de la même manière ! C'est à dire en travaillant pour le compte d'une société, qui le paye je suppose, pour ensuite clamer que le travail qu'il y a fait est à lui ! Imaginez l'un des ingénieurs de Microsoft huer à qui veut bien l'entendre que Windows lui appartient ?! Remarquez, on rigolerait bien... Mais outre le comique de la chose, c'est vraiment affligeant.

Quand comprendra-t-il qu'un logiciel ne peut exister, si et seulement si, il y a un programmeur pour l'écrire, certes, ET s'il y a quelqu'un pour l'inventer ET s'il y a quelqu'un pour le financer ? S'il veut garder toute paternité des choses qu'il écrit, il faut qu'il les invente lui-même ET qu'il s'autofinance. Sachez que ce monsieur, qui a sans doute beaucoup de qualité mais pas celle de l'imagination, ne travaille pas non plus bénévolement. Avec moi, il a couté plus de 300 000 € et 5 chômeurs, avec ses ex-amis réunionnais, je ne sais pas? Il serait "amusant" de cumuler les sommes.

Aujourd'hui, en 2006, à l'ère de Google Earth et des GPS à 300€ à Carrefour, on n'entend toujours pas parler de SVE, si ce n'est par des histoires de possession de paternité à la noix. Ce projet, "géré" depuis maintenant près de quatre ans par Monsieur Pourieux©, n'est toujours pas sorti au grand jour. Tirez-en toutes les conclusions que vous voulez, moi j'ai les miennes ;)




NOTICE LEGALE

ATTENTION : LES MOTS "POURIEUX", "PIX" & "_PIX_" SONT TOUS PROTEGES PAR LA LOI EN VIGUEUR DANS LE MONDE, DANS LE SYSTEME SOLAIRE ET, PAR EXTENSION, DANS LA GALAXIE. TOUTE UTILISATION FRAUDULEUSE SERA TRES TRES SEVEREMENT PUNIE DE PEINES POUVANT ALLER DE LA ROULADE-PAR-TERRE-JE-ME-FACHE-TOUT-ROUGE-EN-TAPANT-DES-PIEDS-ET-DES-MAINS, JUSQU'A 20 ANS DE PRIVATION DE DESSERT AU CHOCOLAT.

D'AUTRE PART, SI AU DEMEURANT VOUS PERSISTIEZ A ECRIRE "POURRIEUX" AVEC DEUX "R" ALORS QUE, CROTTE ALORS, ON VOIT BIEN QU'IL N'Y EN A QU'UN BON SANG DE BONSOIR, UNE PEINE DE CENT LIGNES : "JE NE DOIS PLUS JAMAIS ECRIRE POURIEUX AVEC DEUX R" VIENDRA EN SUS DES PEINES DEJA ALOUEES. ALORS HEIN VOUS ETES PREVENUS HEIN.



























(1) Je ne sais plus comment l'appeler, donc je me permets une contraction de tous les mots à ma connaissance aujourd'hui. Il doit certainement y en avoir d'autres.[retour]




































































(2) Ce mot est © et également ® mais aussi ™ par Monsieur Pourieux™, surtout ne l'utilisez pas à peine de poursuites judiciaires [retour]